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La vie de notre laboratoire, les chercheurs, les membres qui sont mis à l'honneur

mais aussi les conférences, les colloques nationaux et internationaux, les revues, journaux, livres...


 

China Rings

{mosimage}Sébastien POITRENAUD a développé le jeu des "Anneaux chinois" pour l'iphone, le premier d'une séries de casse-tête (PlayMorph)  très connus et largement étudiés en psychologie cognitive.

La grande nouveauté, avec ce système de jeu de PlayMorph est initiée une nouvelle façon de résoudre ces casse-tête en permettant au joueur d'explorer le chemin de la solution grâce à la carte des états du problème.

Voir la présentation du jeu : http://web.me.com/poitrenaud/ChinaRings/China_Rings.html

Acheter le jeu en ligne en passant par la plateforme iTunes

Thèse Aline Frey

jeudi 11 juin 2009  2009 à 14h00

Aline FREY  soutiendra sa thèse de doctorat intitulée "Traitement perceptif et cognitif de l'information auditive et musicale : segmentation des flux et figures sonores". 

Membres du jury :

  • Thierry Baccino, Rapporteur
  • Mireille Besson, Rapporteur
  • Xavier Hautbois, Examinateur
  • Richard Kronland-Martinet, Président
  • Charles TIJUS, Directeur

 Résumé 

Pour qu’une scène visuelle soit compréhensible, le système perceptif doit découper et grouper les éléments de cette scène de façon appropriée. De la même manière, les flux auditifs se déroulent dans le temps, et le premier problème rencontré pour l’auditeur qui les perçoit est celui de la segmentation, c’est-à-dire de l’identification de frontières. Cette segmentation est donc un processus fondamental en psychologie, mais elle reste très peu étudiée dans le domaine auditif. Elle fera l’objet d’une première partie de notre thèse.

Ce processus de segmentation est facilité si l’individu dispose d’informations préalables sur les objets présents. Ainsi, toujours par analogie avec la perception d’une scène visuelle, tout comme il existe des formes géométriques de base qui interviennent dans le traitement de l'information visuelle et spatiale, nous pensons qu'il existe aussi des figures temporelles dans la perception et la segmentation des flux auditifs. Nous nous sommes intéressés plus particulièrement aux Unités Sémiotiques Temporelles (USTs), qui ont été définies comme des segments musicaux qui possèdent une signification liée à l’organisation de la matière sonore dans le temps. Un deuxième objectif de cette thèse était de tester la pertinence cognitive de ces USTs. Ces USTs ont par la suite été modélisées en Motifs Temporels Paramétrés (MTPs), qui décrivent le signifiant des USTs à l’aide de fonctions temporelles représentant l’allure globale de variables. Il s’agissait là aussi de valider le bien-fondé de ces MTPs.

Enfin, parce que la perception auditive est une activité cognitive qui consiste à mobiliser des connaissances pour structurer les éléments perçus, et que les connaissances de l’expert ne sont pas celles du novice, nous explorerons le thème de la perception experte à travers nos différentes expériences. Plus précisément, nous observerons les réactions de musiciens par rapport à celles de non-musiciens, ainsi que celle d’experts en USTs par rapport à des novices.

Cinq expériences ont été ainsi réalisées, faisant appel aux méthodes de la psychologie cognitive (tâche de segmentation, de catégorisation) et à celles des neurosciences (méthode des Potentiels Evoqués).

Dans une première série d'expériences, la capacité d'identification des changements musicauxet de segmentation a été mesurée auprès d'auditeurs musiciens et non musiciens lors de l'écoute d'une oeuvre musicale contemporaine. Deux méthodes ont été utilisés en temps réel durant l'écoute : le déplacement d'un curseur sur une échelle et l'appui sur un bouton à chauqe changement d'idée musicale. Les principaux résultats montrent que les auditeurs perçoivent bien les changements structuraux tels qu'explicités par la compositeur, et ne mettent pas en évidence de différence entre les deux groupes d'auditeurs. Il apparaît aussi que la méthode de segmentation "discrète" (i.e., appui sur un bouton) s'avère être un indicateur plus fiable des frontières structurales de l'oeuvre.

Dans une deuxième expérience, le processus de segmentation était observé cette fois lors de l’écoute de l’enregistrement d’un flux de l’environnement. Deux groupes de participants se distinguaient cette fois par le fait qu’ils évoluent ou non dans un environnement sonore quotidien similaire à celui présenté. De plus, nous faisions varier les connaissances que les auditeurs pouvaient avoir sur le flux en leur expliquant ou non en quoi consistait le flux qu’ils allaient entendre, et en leur demandant pour certain d’effectuer à nouveau la tâche une semaine plus tard. Les principaux résultats montrent qu’il n’y a pas d’effet de ces deux dernières variables (i.e., le fait de savoir en quoi consiste le flux et le fait de le re-segmenter une semaine plus tard). En revanche, les participants évoluant dans un environnement sonore quotidien similaire à celui présenté dans l’expérience effectuent des segmentations plus en accord avec les frontières structurales de celui-ci. 

Dans une troisième expérience, la pertinence psychologique des USTs a été testée chez des participants musiciens et non-musiciens. Les participants regroupaient des extraits musicaux représentant différentes USTs, dans un premier temps dans une tâche de catégorisation libre, puis dans une tâche de catégorisation orientée sur le déroulement temporel des extraits. Aucun effet de l’expertise des participants n’est observé sur le nombre et la composition des regroupements effectués. De plus, les extraits musicaux relevant d’une même UST sont significativement plus souvent regroupés ensemble. 

Une quatrième expérience testait cette fois la validité des MTPs au regard de la catégorisation, encore une fois chez des musiciens et des non-musiciens. Chaque UST était représentée par 3 types d’extraits sonores : un extrait musical, un extrait joué au piano et un extrait de synthèse issu de la modélisation en MTPs. Les résultats ne montrent pas d’effet d’expertise sur les regroupements effectués. Les extraits synthétisés selon la formalisation en MTPs sont bien perçus et regroupés avec les autres extraits représentant l’UST en question.

Enfin, dans une cinquième et dernière expérience, la validité des USTs comme unités porteuses de sens a été testée par la méthode des Potentiels Evoqués, chez des experts et des non-experts en USTs. Plus particulièrement, nous faisions l’hypothèse qu’une incongruité liée au déroulement temporel des USTs générerait une composante N400, connue comme un indice physiologique d’une difficulté d’intégration sémantique. Contrairement à nos hypothèses, c’est dans le groupe des non-experts qu’apparait cette N400, alors que le traitement de l’incongruité génère une composante de type P300 chez les experts.

L’ensemble des résultats de ces expériences nous permettent de conclure que les effets d’un apprentissage explicite, tel que celui reçu par des musiciens au sein de leur formation par exemple, n’interviennent pas nécessairement dans le traitement et la segmentation des flux sonores, ni dans celui des unités sonores qui en résultent. Nous pensons plutôt qu’un apprentissage implicite permet à l’individu d’extraire des régularités dans son environnement sonore, et génère des connaissances plus stables susceptibles d’intervenir dans le processus de segmentation. De même, cette forme d’apprentissage aurait permis à l’individu, indépendamment de toute expertise musicale, d’intérioriser des formes sonores que sont les USTs, de part leur origine sans doute liée au mouvement. Le travail de théorisation sur les USTs reste toutefois en cours, et certaines catégories d’USTs nécessiteraient d’être mieux définies. De plus, le fait que ces USTs puissent véhiculer du sens mériterait d’être testé dans d’autres contextes expérimentaux. 

 

Lieu : Université Paris 8 - bâtiment D, dans la salle D143 (2 rue de la liberté, 93526 Saint-Denis cedex 2)
 

Challenge Handicap-Communication

Une équipe d'étudiants du Master Technologie et Handicap vient de remporter à Metz le Challenge Handicap-Communication.

Il s'agit du projet "Pictokids", un logiciel d'aide à la communication pour des enfants (mais aussi pour adultes) en situation de handicap de communication. Il permet la rédaction de phrases, à partir de 1400 pictogrammes, traduites en texte en respectant les règles de grammaire. Il propose aussi une lecture par synthèse de parole.

Félicitations aux auteurs : K.Anache, N.Devos, I.Lopez et M.Zbakh.

Thèse François Sawadogo

Jeudi 5 mars  2009 à 13h30

François SAWADOGO, enseignant (ETP) Université de Koudougou ( Burkina Faso),  a soutenu sa thèse de doctorat intitulée "Activation et (co)construction de connaissances : facteurs de variabilité liés au  contexte de diglossie.". 

Membres du jury :

  • Charles Tijus - Pr. Université de Paris 8, Président du jury 
  • Collette Noyau - Université de Paris 10 Nanterre, Rapporteur
  • Daniel Martins - Université de Paris 10, Rapporteur
  • Sandra Jhean, IUFM Paris IV, Examinatrice
  • Denis Legros - Pr. IUFM Créteil/Paris 12 et Paris 8, Directeur de thèse 

Résumé 

La construction de connaissances sur le monde par l’individu s’effectue sur la base d’invariants cognitifs à l’aide d’outils psychologiques, tels la langue, culturellement marqués. Cette thèse sur l’étude du rôle des facteurs de variabilité en contexte diglossique sur l’activation et la (co) construction de connaissances a pour objectif de déterminer expérimentalement le rôle que joue ou peut jouer la langue maternelle L1 dans les processus cognitifs de production de texte en langue seconde L2, et plus généralement dans la (co) construction de connaissances dans des environnements classiques d’apprentissage et dans des environnements utilisant les supports numériques et l’Internet.

Plus précisément, nous étudions dans le contexte diglossique du Burkina Faso où la langue d’enseignement est la langue seconde français (i) l’effet de l’activation des connaissances en langue maternelle (L1) sur l’activité de production écrite en langue seconde (L2), (ii) l’effet de l’utilisation de la langue L1 dans les échanges et les discussions avec un groupe distant lors de la co-planification sur la co-écriture en langue L2, (iii) l’ effet de questionnements en langue L1 et en langue L2 et des échanges entre pairs lors de la planification sur la production individuelle de textes explicatifs en langue seconde L2.

Le cadre théorique de nos recherches s’appuie tout d’abord sur le modèle de la Mémoire de Travail à Long Terme (MTLT) (Ericsson et Kintsch, 1995, psychological review, vol 102) et ses implications dans les modèles de la production écrite (voir  Kellogg, 1987,  Memory & cognition,  vol. 15). Il s’appuie ensuite sur la conception de la représentation des connaissances du monde en système développée en  sémantique cognitive.

Notre paradigme expérimental consiste à concevoir en langue L1 vs L2, des aides spécifiques à la mise en œuvre des processus cognitifs intervenant dans l’activité rédactionnelle, en l’occurrence, les processus de planification : génération, organisation et définition de buts, puis à en mesurer les effets sur la production écrite en langue seconde L2.
Afin d’appréhender de manière précise l’effet de la langue L1 sur la production écrite en langue L2, nous combinons l’analyse propositionnelle à l’analyse en système. Au plan statistique, nous utilisons également les modèles de régression, très peu utilisés dans ce type d’études alors qu’ils permettent de préciser l’importance de la variabilité introduite par le facteur Langue L1 (voir Brantmeier, 2004, Reading in foreign language, vol. 16(2)).

La première expérimentation vise à étudier l’effet de l’activation des connaissances en langue maternelle (L1) sur l’activité de production écrite en langue L2. Plus précisément, elle étudie chez des participants en situation de diglossie les effets d’une activation par une verbalisation orale en langue L1 et en langue L2 des éléments de connaissances sur une procédure de la vie quotidienne sur la qualité de la production d’un texte décrivant en langue L2 cette procédure. Les résultats  montrent que les sujets qui utilisent la langue L1 lors de cette phase d’activation  produisent des textes qualitativement supérieurs du point de vue du nombre de propositions pertinentes décrivant la procédure. L’analyse de la part de variabilité introduite par les facteurs indépendants montre que l’utilisation de langue L1 comme aide à l’activation est le facteur qui explique le plus de variabilité dans l’augmentation du nombre de propositions pertinentes chez ces sujets. La langue maternelle très tôt instrumentalisée par l’enfant permet à celui-ci de construire ses premières connaissances pragmatiques sur le monde et facilite l’activation des connaissances antérieures construites dans son contexte culturel. Le sujet réduit ainsi la charge cognitive liée à l’activation des connaissances, et permet d’affecter davantage de ressources aux autres processus qui constituent très souvent les principales difficultés chez le rédacteur novice en langue seconde.

La deuxième expérimentation analyse l’effet à la fois d’un questionnement ouvert en langue L1 et L2 et des échanges entre groupes de pairs distants via Internet, lors d’une tâche de co-planification sur la co-écriture en langue L2 d’un texte explicatif.  Les résultats  montrent que dans la modalité de travail collaboratif et d’interaction entre groupes de pairs distants via Internet, l’utilisation de la langue L1 dans un questionnement ouvert permet d’améliorer la co-écriture de textes explicatifs. Ce système ouvert d’aide en langue L1 permet une activation plus importante des connaissances construites antérieurement dans les contextes culturels des sujets, contribue à la fluidité des interactions entre pairs et améliore le processus de planification. L’expérimentation montre également que la modalité de travail collaboratif et les échanges avec des pairs distants créent un terrain conceptuel commun favorable au retraitement et à l’activité inférentielle. Les sujets développent des stratégies rédactionnelles sémantiquement plus efficaces et de type knowledge tranforming.

La troisième expérimentation étudie, dans le cadre d’une tâche de production individuelle écrite et dans des modalités individuelles et mixtes de travail, l’effet de questionnements entre pairs en langue L1 sur l’activité de planification dans une tâche de production individuelle de textes explicatifs en langue seconde L2.
La langue maternelle favorise chez les sujets en situation de diglossie un questionnement plus riche et la réalisation d’inférences causales. L’analyse en système de la représentation du domaine de connaissances montre que la langue utilisée dans le système ouvert d’aide à la planification influence la structuration des connaissances construites par le sujet sur le domaine. Ainsi l’aide à la planification en langue L1 permet aux sujets de construire une représentation des connaissances sur le domaine qui intègre plus de relations de type causal. L’utilisation de la langue L1 lors du questionnement permet au sujet de traiter particulièrement la dimension sémantique. Enfin les résultats indiquent qu’il existe lors des échanges distants, via Internet, un effet de distanciation qui permet au sujet d’avoir un recul sur son propre questionnement, favorable à la réorganisation de ses connaissances activées. Les résultats mettent en évidence un effet positif de l’échange distant sur la qualité de la production du texte explicatif.

Cette recherche apporte des éclairages nouveaux à la problématique de l’apprentissage en langue seconde dans les situations diglossiques. L’utilisation d’un système d’aide à la planification en L1, améliore la qualité des productions écrites en L2 en facilitant l’activation des connaissances du sujet sur les domaines de connaissances. Ces données permettent de concevoir des systèmes d’aides adaptés pour les apprentissages scolaires, et en particulier pour les domaines scientifiques. Cette recherche ouvre des perspectives nouvelles avec l’utilisation de la langue L1 dans le cadre des nouveaux espaces d’apprentissage qu’offrent les TICE et l’Internet. Les effets des systèmes d’aide en langue L1 sur la construction des connaissances dans les modalités de travail individuel et collaboratif invitent à prendre en compte ce facteur dans le cadre de l’ingénierie de la formation dans ces nouveaux dispositifs de formation.

Ces travaux constituent une contribution à l’analyse des processus cognitifs de la production écrite en lien avec les facteurs culturels et linguistiques des sujets. Ils invitent à reconsidérer les invariants cognitifs et à prendre en compte la variabilité contextuelle et linguistique.

Dans l'atelier de l'art

L'univers de l'art est le lieu même de l'activité mentale, celle du créateur aussi bien que celle du spectateur. Une activité dont la marque distinctive semble être la place accordée à l'imagination, au rêve, à la mémoire, aux passions, au flux de la subjectivité. Jusqu'ici réfractaire ou inaccessible aux exigences de l'analyse scientifique, cet univers entre désormais dans le champ des sciences de la cognition. Les textes rassemblés ici, issus d’une rencontre entre des artistes contemporains et des chercheurs dont les préoccupations tissent la trame des études cognitives (neuropsychologues, psychologues, psychiatres, philosophes cognitifs, logiciens, informaticiens),  associent à une connaissance  nouvelle des phénomènes artistiques – le socle biologique, mental et sensoriel de l'art – les concepts de nature scientifique qui la fondent.

Textes de J. Alvarez, M. Aramaki, M. Besson, J.-F. Bonnefont, M. Borillo, J. Doki, A. Frey, J.P. Jessel, D. Longin, M. Longcamp, C. Marie, F. Nef, P. Pique, H. Prade, J. Riot, D. Schön, S. Thorpe, J.-L. Velay, J. Vion-Dury,